Le
kriyâ yoga est une méthode psycho-physiologique
simple permettant d'éliminer le carbone
du sang et de recharger ce dernier d'oxygène.
Les atomes d'oxygène en excès
se transmuent en un courant vital qui régénère
le système nerveux cérébro-spinal.
Le yogi peut ralentir, ou même prévenir,
le vieillissement des tissus en arrêtant
l'accumulation du sang veineux; les yogis
avancés transforment leurs cellules
en énergie pure.
Le
kriyâ est une science, fort antique.
Lahiri Mahasaya l'apprit de son guru Babaji,
lequel en redécouvrit et clarifia la
technique. Le kriyâ yoga que donne au
monde Babaji est la même science que
voici bien des millénaires, Krishna
enseigna à Arjuna et qui, plus tard
fut connue de Patanjali, du Christ, de saint
Jean, saint Paul et autres disciples.
Krishna,
le plus grand prophète de l'Inde, fait
allusion au kriyâ yoga dans deux stances
de la Bhagavad gita :
Offrant
le souffle inspiré dans le souffle
expiré et offrant le souffle expiré
dans le souffle inspiré, le yogi neutralise
les deux souffles; de la sorte, il libère
le prana du coeur et prend la force vitale
sous son contrôle.
L'interprétation
en est : "le yogi arrête la décomposition
corporelle en calmant l'action du coeur et
des poumons; il arrête aussi, par le
contrôle de l'apana (courant d'élimination),
les mutations de croissance dans le corps."
L'autre
stance est :"l'expert en méditation
qui devient libre pour l'éternité
est celui qui cherchant le but suprême,
est capable de se retirer du monde des phénomènes
extérieurs; de fixer son regard en
dedans du point situé à mi-distance
des sourcils; de neutraliser les deux courants
du prana et de l'apana (qui coulent) à
l'intérieur des narines et des poumons;
de contrôler son esprit et son intellect
sensoriels; et de bannir désir, peur
et colère."
Patanjali
mentionne deux fois le kriyâ yoga :
"le kriyâ yoga consiste en discipline
corporelle, contrôle mental et la méditation
sur l'Aum." Pour Patanjali, Dieu est
la vibration cosmique de l'Aum qu'on entend
dans la méditation. L'Aum, c'est le
Verbe Créateur, le bruit du Moteur
Cosmique, le témoin de la Présence
Divine.
Le
débutant en yoga ne tarde pas à
entendre résonner au tréfonds
de son être merveilleux le son de l'Aum.
En recevant ainsi un réconfort spirituel,
le fidèle apprend qu'il est en contact
avec le monde divin.
Une seconde fois, Patanjali parle ainsi de
la technique du kriyâ qui permet de
contrôler la vie: "La
libération peut être atteinte
par le pranayama qu'on accomplit en disjoignant
le cours des inspirations et des expirations".
Dans
l'état de conscience avec Dieu, la
conscience du fidèle est immergée
dans l'Esprit Cosmique; la force vitale est
retirée du corps, qui parait "mort",
rigide, inanimé. Le yogi se rend parfaitement
compte de la vie ralentie de son corps. Lorsqu'il
accède à des états supérieurs,
sa conscience éveillée communie
avec Dieu, alors même que son corps
vaque à ses occupations dans les travaux
quotidiens.
Le kriyâ yogi fait mentalement circuler
son énergie vitale en haut et en bas
le long du circuit jalonné par les
six centres de la moelle épinière;
une demi révolution le long de la moelle
épinière sensible, selon la
technique du kriyâ permet à l'homme
de réaliser un progrès égal
à une année d'évolution
spirituelle ordinaire.
Un millier de kriyâ réalisés
en huit heures donnent au yogi, en l'espace
d'un seul jour, l'équivalent de mille
ans d'évolution naturelle.
Le kriyâ yoga permet ainsi de réaliser
en trois ans par l'effort intelligent, le
progrès que la nature n'accomplit qu'au
bout de dix mille siècles. Ne peuvent
d'ailleurs prendre le raccourci du kriyâ
que les yogis très avancés qui,
sous la direction de leur guru, ont préparé
leur corps et leur cerveau jusqu'à
les rendre aptes à supporter la puissance
développée par une pratique
assidue.
Une
augmentation progressive et régulière
des méthodes simples et à toute
épreuve du kriyâ transforme de
jour en jour le corps, sur le plan astral,
jusqu'à le rendre capable d'exprimer
les potentiels infinis d'énergie cosmique,
qui constituent la première manifestation
matériellement active de l'Esprit.
Le
kriyâ yoga n'a rien de commun avec les
méthodes respiratoires non scientifiques
enseignées par nombre de zélateurs
égarés; leurs tentatives de
retenir de force le souffle dans les poumons
sont, non seulement contraires à la
nature, mais aussi parfaitement désagréables.
D'autre part, le
kriyâ s'accompagne dès les débuts,
d'un état de parfaite sérénité,
et l'on sent une force régénératrice
couler le long de l'épine dorsale.