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Les Mystères de l’Alchimie

Qu’est-ce que l’alchimie ? À quoi sert-elle ? À quoi s’emploie cette science ?

Nombre d’alchimistes s’entendent à dire que c’est une science basée sur la mutation des métaux pour former d’autres matières.

Roger Bacon, figure emblématique de l’alchimie du XIIIe siècle, nous donne une bonne définition de cette discipline:

“L’alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine médecine ou élixir, lequel étant projeté sur les métaux imparfaits leur communique la perfection dans le moment même de la projection”.

Pour les plus ignorants, l’alchimie n’est rien de plus que l’art de philosophes se croyant scientifiques et dont les théories dépassent bien souvent l’entendement.

Il est vrai que les textes hermétiques alchimiques ne sont pas à la portée de tous, et cela pour une bonne raison. Ils portent en eux les secrets de la nuit des temps.

Les mystères de l’homme ne sont révélés qu’aux plus illuminés, ceux dont l’esprit est suffisamment exercé pour les comprendre.

Il apparaît évident que seuls les avertis et initiés à l’alchimie peuvent accéder à l’enseignement des textes hermétiques.

Pour tout autre, ce ne sont ni plus ni moins que des théories vides de sens.

Il existe une relation très étroite entre l’alchimie et la chimie.

Alchimie

Alchimie

C’est au XVIIIe siècle, lorsque la chimie fut au sommet de sa gloire, qu’il se trouva important de différencier les deux sciences.

Pour la grande majorité des hermétistes, la chimie est “l’art de détruire les composés que la nature a formés” à l’inverse de l’alchimie qui est “l’art de travailler avec la nature pour les perfectionner” (Dom Pernety, Fables grecques et égyptiennes).

Au fils des siècles, deux catégories d’alchimistes se distinguèrent rapidement: Les souffleurs et les philosophes hermétiques.

Les souffleurs étaient aux alchimistes ce que les faux diseurs de bonne aventure sont aux astronomes. Les souffleurs recherchaient la pierre philosophale, il est vrai, mais ne firent pas de cela leur priorité absolue comme c’est le cas pour les philosophes hermétiques.

Ils vouaient principalement leur intelligence à la chimie industrielle et n’utilisaient que des matériaux de piètre qualité pour parvenir à leurs fins.

À l’époque, ces charlatans se prétendant alchimistes étaient bien connus et désapprouvés de la population. Leurs compétences s’arrêtaient bien souvent à la composition de savons, pierres précieuses artificielles et autres breloques destinées à la vente.

Ces imposteurs uniquement animés par la cupidité furent nombreux à passer sous les cordes de la potence. Fort heureusement, cette branche se sépara bientôt des alchimistes et devint plus simplement, la “Chimie”.

Les philosophes hermétiques étaient tout le contraire. Beaucoup de véritables alchimistes furent d’ailleurs moines ou préférèrent une vie isolée loin de l’agitation citadine.

La recherche de la pierre philosophale est pour eux le but ultime, et ils ne le poursuivent que par amour de la science. Dans la préparation de pierres philosophales, ils utilisent généralement des métaux précieux, contrairement aux souffleurs.

Un passage de la Physica Subterranca de Beccher résume bien cette singularité entre les deux sciences:

“Les faux alchimistes ne cherchent qu’à faire de l’or, les vrais philosophes ne désirent que la science, les premiers ne font que teintures, sophistications, inepties, les autres s’enquièrent des principes des choses.”

L’essentiel des recherches hermétiques fut orienté vers l’élaboration d’un élixir, une pierre philosophique ou philosophale capable de transmuer les métaux en or ou en argent.

Plus tard, ils découvrirent qu’une substance ou un composé doué de tels principes avait bien d’autres usages. Il pouvait, entre autres, produire du diamant, guérir les maladies, prolonger la vie au-delà de la mort, donner à celui qui la possède la science infuse, etc.

Dans leur orgueil de défier les puissances de la nature, ils cherchèrent à créer la vie de toutes pièces. Des légendes existent selon lesquelles Albert le Grand aurait donné la vie à une entité de bois par des conjurations puissantes. Paracelse prétendit également avoir créé un être en cher et en os, l’homonculus.

Les alchimistes poursuivirent également l’alkaëst, aussi connu sous l’appellation de “dissolvant universel” capable de dissoudre tout corps plongé dans pareil liquide.

La palingénésie fut également un grand domaine d’études. Le principe, proche de la résurrection, était de reconstituer la vie d’une entité végétale à partir de ses cendres.

Des expériences furent également entreprises dans le but de recueillir l’esprit du monde, le spiritus mundi. Cette substance présente dans l’air détiendrait de nombreuses propriétés dont celle de dissoudre l’or.

Enfin, l’une des ambitions premières des alchimistes fut la quête de l’or potable. L’or en solution liquide serait un remède contre toutes les maladies et permettrait d’accroître considérablement la résistance de notre organisme.

En conclusion, les alchimistes ne manquèrent pas de sujets d’études, et leurs théories survécurent à l’épreuve du temps et aux changements socio-culturels des époques qu’elles traversèrent.

Bien que la pierre philosophale soit leur oeuvre la plus reconnue et recherchée, les autres domaines d’études de l’alchimie n’en restent pas moins intrigants et extraordinaires.

L’alchimie est donc une science à part entière à mi-chemin entre philosophie, spiritualisme, science moderne et ésotérisme.

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